Comment créer une micro-entreprise : le guide pas à pas

Pour créer une micro-entreprise, vous déclarez votre activité en ligne sur le guichet unique des formalités d'entreprises, avec une pièce d'identité, un justificatif de domicile et une attestation sur l'honneur. Une fois le dossier validé, vous recevez votre numéro SIREN, votre SIRET et votre code APE, puis vous pouvez facturer. Voici les conditions à remplir, les étapes dans l'ordre, les charges à prévoir et les erreurs à éviter.
Les montants, taux et seuils cités plus bas évoluent régulièrement : vérifiez toujours la valeur en vigueur sur service-public.fr ou auprès de l'URSSAF avant de vous engager. Pour d'autres conseils pour entrepreneurs, consultez nos guides.
Micro-entreprise, auto-entrepreneur : de quoi parle-t-on ?
Le micro-entrepreneur, longtemps appelé auto-entrepreneur, exerce en entreprise individuelle sous un régime fiscal et social simplifié. Il n'y a pas de société : vous entreprenez en votre nom propre, sans personnalité morale distincte. Les deux termes désignent aujourd'hui le même statut.
Ce régime plaît pour sa simplicité : démarches allégées, cotisations proportionnelles au chiffre d'affaires et franchise de TVA dans la limite de certains seuils.
Avant de créer sa micro-entreprise : les conditions à vérifier
Les plafonds de chiffre d'affaires
Pour rester en micro-entreprise, votre chiffre d'affaires annuel ne doit pas dépasser :
- 203 100 € pour les activités de vente ou de fourniture de logement ;
- 83 600 € pour les prestations de services (BIC) et les activités libérales (BNC).
En activité mixte, le plafond global reste de 203 100 €, mais la part de chiffre d'affaires issue des services ne doit pas dépasser 83 600 €. Si vous dépassez ces seuils deux années consécutives, vous basculez automatiquement vers le régime réel au 1er janvier suivant, avec une comptabilité plus lourde et la facturation de la TVA.
Les activités exclues
Certaines activités ne peuvent pas être exercées sous ce statut, notamment :
- les activités agricoles liées à l'exploitation ou à la production animale et végétale, y compris biologique ;
- les artistes-auteurs, qui relèvent d'un régime spécifique (sauf s'ils perçoivent des honoraires) ;
- les activités immobilières réglementées : agent immobilier, marchand de biens, location immobilière non meublée.
Par exemple, vendre des objets artisanaux en ligne est compatible avec le régime. Un marchand de biens devra choisir une autre forme juridique.
Les professions réglementées
Coiffeur, agent de sécurité, agent immobilier : ces métiers exigent des diplômes, des qualifications ou des autorisations. Vérifiez-les avant de déposer votre dossier, car ils peuvent bloquer l'immatriculation.
Comment créer une micro entreprise : les étapes dans l'ordre
Étape 1 : préparer les pièces
Rassemblez avant de commencer :
- une pièce d'identité en cours de validité ;
- un justificatif de domicile ;
- une attestation sur l'honneur de non-condamnation ;
- les diplômes ou autorisations pour les activités réglementées.
Étape 2 : déclarer votre activité sur le guichet unique
Ouvrir une micro-entreprise se fait exclusivement en ligne, sur formalites.entreprises.gouv.fr. Vous pouvez déclarer l'activité jusqu'à un mois avant son démarrage ou dans les 15 jours qui suivent. Les formalités de création d'une micro-entreprise commerciale sont en principe gratuites : vérifiez le coût selon votre activité sur service-public.fr, car certaines inscriptions sont payantes.
Des sites privés proposent de remplir le dossier à votre place, parfois contre rémunération. Ce n'est pas obligatoire : la démarche officielle reste accessible directement, et les chambres consulaires (CMA, CCI) peuvent vous guider.
Étape 3 : recevoir votre immatriculation
Une fois le dossier validé, vous êtes inscrit au registre correspondant : registre du commerce pour les activités commerciales, Registre national des entreprises (RNE) pour les activités artisanales ou libérales. Vous recevez un numéro SIREN, un SIRET attribué par l'INSEE et un code APE. Ces identifiants figurent sur vos devis et factures.
Étape 4 : domicilier l'entreprise et protéger vos données
Vous devez indiquer une adresse : votre domicile, un local professionnel ou une société de domiciliation. Pour éviter la diffusion publique de votre adresse personnelle, vous pouvez faire opposition auprès de l'INSEE. Vous pouvez aussi communiquer sous un nom commercial différent de votre identité.
Étape 5 : protéger votre patrimoine
Pour vos biens immobiliers autres que la résidence principale, une déclaration notariée d'insaisissabilité est possible.
Charges et impôts : ce que vous paierez vraiment
Vous déclarez votre chiffre d'affaires chaque mois ou chaque trimestre à l'URSSAF, même si vous n'avez rien encaissé, sur le portail autoentrepreneur.urssaf.fr. Les cotisations sociales se calculent en pourcentage du chiffre d'affaires réel :
| Type d'activité | Taux normal | Taux avec ACRE (exonération partielle) |
|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 12,3 % | 6,2 % |
| Prestations de services (BIC) | 21,2 % | 10,6 % |
| Professions libérales (BNC) | 23,2 % | 13,9 % |
Pour l'impôt sur le revenu, deux options existent :
- le régime micro-fiscal classique, avec un abattement forfaitaire (71 % pour la vente, 50 % pour les services), l'impôt étant calculé sur le revenu restant ;
- le versement libératoire, qui permet de payer l'impôt en même temps que les cotisations, au taux de 1 % pour la vente, 1,7 % ou 2,2 % pour les services et professions libérales.
Pour aller plus loin sur ces mécanismes, lisez notre dossier sur la fiscalité de l'auto-entrepreneur.
Exemple chiffré (montants fictifs)
Prenons une prestation de services avec 30 000 € de chiffre d'affaires sur l'année, sans ACRE :
- cotisations sociales : 30 000 € × 21,2 % = 6 360 € ;
- avec le versement libératoire à 1,7 % : 30 000 € × 1,7 % = 510 € d'impôt ;
- sans versement libératoire, l'impôt se calcule sur 15 000 € (30 000 € après abattement de 50 %), selon votre situation fiscale.
Pour viser un revenu de 2 000 € par mois (exemple fictif), il faut en services un chiffre d'affaires mensuel d'environ 2 540 € : 2 000 € ÷ (1 − 0,212). Ce calcul ne tient compte ni de l'impôt, ni de vos frais professionnels, ni de la CFE. Refaites-le avec vos propres charges.
La TVA en micro-entreprise
La micro-entreprise bénéficie d'une franchise en base de TVA : vous ne facturez ni ne déclarez la TVA tant que votre chiffre d'affaires reste sous 85 000 € pour la vente et 37 500 € pour les services. Au-delà, vous basculez vers un régime réel de TVA. Cette franchise simplifie la gestion, mais vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats.
Les aides pour ouvrir une micro-entreprise
Deux dispositifs reviennent le plus souvent :
- l'ACRE : exonération partielle de charges sociales pendant la première année, à demander lors de la déclaration d'activité. À partir du 1er juillet 2026, le taux d'exonération des nouvelles demandes passe de 50 % à 25 % ;
- l'ARCE : versement en capital d'une partie des allocations chômage pour les demandeurs d'emploi qui créent ou reprennent une entreprise.
Prêts d'honneur, subventions et accompagnements sectoriels existent aussi : notre guide des aides à la création d'entreprise les détaille. Si vous avez moins de 25 ans, lisez comment créer son entreprise à moins de 25 ans.
Les CMA et CCI proposent formations, conseils et ateliers de gestion. Votre cotisation inclut la contribution à la formation professionnelle (CFP), qui peut financer des formations. Un outil de facturation comme Indy automatise devis, factures et déclarations.
Micro-entreprise, freelance, SASU : quel choix ?
La micro-entreprise convient pour tester une activité avec peu de frais. Si vous visez un chiffre d'affaires proche des plafonds, ou une protection sociale de salarié, regardez les avantages de la SASU. Pour comprendre le métier au quotidien, voyez notre guide pour devenir freelance.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Oublier de demander l'ACRE au moment de la déclaration d'activité ;
- Ne pas surveiller son chiffre d'affaires et franchir un plafond sans s'en apercevoir ;
- Oublier de déclarer à l'URSSAF un mois ou un trimestre sans encaissement ;
- Choisir le versement libératoire sans comparer avec le régime classique selon ses revenus ;
- Négliger les diplômes ou autorisations d'une activité réglementée ;
- Ne pas prévoir de business plan avec prévisions de chiffre d'affaires et de charges.
Pour un cas particulier (activité mixte, litige, situation familiale), rapprochez-vous d'un expert-comptable ou de la chambre consulaire dont vous dépendez.
Questions fréquentes
Où créer ma micro-entreprise ?
La création se fait uniquement en ligne, sur le guichet unique des formalités d'entreprises (formalites.entreprises.gouv.fr). Vous y remplissez la déclaration de début d'activité et déposez vos pièces justificatives. Il n'existe pas de démarche papier. Les chambres consulaires (CMA, CCI) peuvent vous aider à remplir le dossier.
Puis-je commencer à travailler en attendant mon numéro de SIRET ?
Le plus prudent est d'attendre l'immatriculation et l'attribution de votre SIRET avant de facturer, car il doit figurer sur vos factures. Les règles précises sur le démarrage anticipé dépendent de votre activité : vérifiez-les sur service-public.fr ou auprès du guichet unique avant d'encaisser un premier client.
Quels sont les inconvénients d'une micro-entreprise ?
Le chiffre d'affaires est plafonné et vous entreprenez en votre nom propre, sans société distincte. Les charges se calculent sur le chiffre d'affaires, même quand l'activité ne dégage presque rien après frais. Certaines activités sont exclues, et les frais réels ne se déduisent pas en régime micro-fiscal.
Est-ce rentable d'ouvrir une micro-entreprise ?
Cela dépend de vos frais, de votre activité et de votre chiffre d'affaires. Sans charges fixes, les cotisations proportionnelles au chiffre d'affaires évitent de payer quand vous ne facturez rien. Avec beaucoup de frais professionnels, le régime peut être moins avantageux. Simulez avant de vous lancer.
Quelles sont les charges à payer pour une micro-entreprise ?
Vous payez des cotisations sociales calculées en pourcentage du chiffre d'affaires encaissé, avec un taux variable selon l'activité (vente, services, profession libérale). S'y ajoutent la cotisation foncière des entreprises (CFE) selon les cas et, si vous l'avez choisi, le versement libératoire de l'impôt. Consultez l'URSSAF pour les taux en vigueur.


