Acquisition des congés payés : règles de calcul, période de référence et indemnité

Scale-up · · mis à jour le · Pascal

découvrez les règles essentielles pour le calcul et l'acquisition des congés payés, afin de bien gérer vos droits et bénéficier de vos périodes de repos légalement.

L'acquisition des congés payés repose sur une règle simple : chaque mois de travail effectif sur la période de référence vous ouvre droit à 2,5 jours ouvrables de congé, soit 30 jours pour une année complète. La période de référence court en principe du 1er juin au 31 mai. Les paragraphes qui suivent détaillent le calcul, les cas particuliers (arrêt maladie, début ou fin de contrat, salariés à domicile) et le calcul de l'indemnité.

Pour une entreprise en croissance, par exemple une scale-up qui recrute vite, maîtriser ces règles évite les erreurs de solde sur les premiers bulletins de paie et les litiges avec les nouveaux embauchés.

Acquisition des congés payés : la règle de base

Tout salarié acquiert des congés payés dès qu'il travaille. Cela vaut pour le CDI, le CDD et le temps partiel : les droits sont les mêmes, proportionnellement au temps travaillé. Le Code du travail prévoit une acquisition de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, ce qui donne 30 jours ouvrables pour 12 mois.

Cette règle s'applique aussi aux salariés à domicile, comme les assistants maternels et les gardes d'enfants, où chaque période d'accueil ou assimilée est prise en compte.

  • Chaque mois complet de travail confère 2,5 jours ouvrables de congé.
  • Les absences dues à un arrêt maladie non professionnelle modifient ce calcul : 2 jours par mois.
  • La période de référence détermine la durée des congés acquis.
  • Les salariés en CDD ou à temps partiel ont les mêmes droits, proportionnellement au temps travaillé.

La convention collective ou un accord d'entreprise peut prévoir mieux que la loi. Vérifiez toujours le texte applicable à votre situation.

La période de référence pour l'acquisition des congés payés

La période de référence est la période pendant laquelle les congés s'acquièrent. Elle va du 1er juin de l'année précédente au 31 mai de l'année en cours. Un accord collectif peut en fixer une autre, certains secteurs ayant leur propre calendrier.

Début ou fin de contrat en cours de période

Si le contrat commence en septembre, la période de référence s'étend de la date d'embauche au 31 mai suivant. Si le contrat prend fin en cours de période, elle va du 1er juin au terme du contrat. Le calcul se fait donc sur les mois réellement travaillés.

Période d'acquisition et période de prise : ne pas confondre

La période de référence sert à acquérir les droits. La période de prise est celle où l'on pose ses congés. Elle est fixée par accord collectif ou, à défaut, par l'employeur. Elle comprend obligatoirement la période du 1er mai au 31 octobre.

Comment calculer les congés acquis par mois

Le calcul tient en une multiplication : nombre de mois de travail effectif × 2,5 jours ouvrables. Quelques exemples fictifs :

SituationCalculCongés acquis
Année complète de travail effectif12 × 2,530 jours ouvrables
Embauche en septembre, période jusqu'au 31 mai9 × 2,522,5 jours ouvrables
Mois d'arrêt maladie non professionnelle2 par mois24 jours maximum par an

En cas de résultat avec une décimale, les règles d'arrondi prévoient en principe un arrondi à l'entier supérieur. Contrôlez ce point dans votre convention collective.

Jours ouvrables ou jours ouvrés ?

Les jours ouvrables sont tous les jours de la semaine sauf le jour de repos hebdomadaire (en principe le dimanche) et les jours fériés chômés : une semaine compte donc six jours ouvrables, du lundi au samedi. Les jours ouvrés sont les jours réellement travaillés dans l'entreprise, en principe du lundi au vendredi. La loi raisonne en jours ouvrables. Certaines entreprises décomptent en jours ouvrés, ce que la convention collective ou un accord peut prévoir. Dans ce cas, la durée en jours est convertie, sans réduire le droit du salarié. Demandez à votre service paie la méthode retenue.

Arrêt maladie et acquisition des congés payés

En cas d'arrêt maladie non professionnelle, l'acquisition passe de 2,5 à 2 jours par mois, dans la limite de 24 jours annuels. Cette nuance est essentielle pour un calcul exact. Les règles applicables aux arrêts de travail, et notamment aux accidents du travail et maladies professionnelles, ont évolué ces dernières années. Vérifiez la règle en vigueur sur service-public.fr ou Légifrance avant de figer un solde, et rapprochez-vous de l'inspection du travail ou d'un avocat pour un cas particulier.

D'autres absences peuvent être assimilées à du travail effectif, selon la loi ou la convention. Ne les retirez pas du calcul sans l'avoir vérifié.

Les règles de prise des congés payés

La prise suit des règles précises. Le salarié doit, en principe, bénéficier d'au moins deux semaines continues de congés entre le 1er mai et le 31 octobre. Si l'acquisition est inférieure à 12 jours ouvrables, les congés doivent être pris en une fois et en continu.

Le décompte commence le premier jour ouvrable où le salarié aurait dû être présent et se termine le dernier jour ouvrable avant la reprise. Un salarié travaillant du lundi au vendredi verra ses congés débuter un lundi et se finir un vendredi. Les jours fériés inclus dans cette période ne sont pas décomptés comme jours ouvrables. Pour comprendre leur paie, consultez notre article sur la rémunération des jours fériés.

En dehors de la période principale, des congés supplémentaires peuvent être accordés pour fractionnement, à condition que la durée des congés payés soit inférieure à cinq semaines.

Report et perte des congés

En principe, les congés non pris à la fin de la période de prise sont perdus et ne se cumulent pas d'une année sur l'autre. Un report reste possible, par exemple si l'employeur l'accorde expressément, si un accord collectif le prévoit, ou si une absence liée à l'état de santé a empêché de les prendre. L'employeur doit aussi mettre le salarié en mesure de prendre ses congés. Pour un litige, contactez l'inspection du travail ou un avocat.

Quand les congés payés ne suffisent pas

Si le salarié a besoin d'une absence plus longue que ses droits, il peut demander un congé sans solde, qui reste soumis à l'accord de l'employeur. Pour les parents à la rentrée, voir l'absence rentrée scolaire salarié, qui ne s'impute pas forcément sur les congés. Le versement d'une prime de vacances dépend, lui, de la convention collective ou de l'usage de l'entreprise.

Salariés à domicile : des modalités spécifiques

Pour les salariés à domicile, la rémunération des congés payés est souvent intégrée à la mensualisation, avec une majoration de 10 % sur le salaire horaire net pour couvrir l'indemnité. Si le contrat prévoit plus de 32 heures mensuelles, il est possible de verser l'indemnité au moment de la prise effective des congés, via une option de gestion spécifique. Cela simplifie la gestion pour l'employeur et garantit l'équité du salarié pendant ses périodes de repos.

Calcul de l'indemnité de congés payés : deux méthodes

L'indemnité se calcule à la fin de chaque période de référence, selon deux méthodes : le maintien de salaire ou la règle du dixième. Le salarié bénéficie de la plus avantageuse des deux.

Le maintien de salaire s'appuie sur la rémunération que le salarié aurait perçue s'il avait travaillé pendant ses congés, hors primes et indemnités spécifiques. Exemple fictif : un salarié travaille 32 heures par semaine à 5 € brut de l'heure et a acquis 25 jours ouvrables.

Paramètre Valeur Explication
Nombre de jours ouvrables acquis 25 jours Congés payés acquis durant la période de référence
Nombre de jours ouvrables hebdomadaires 6 jours Standard utilisé pour la conversion en heures
Heures hebdomadaires de travail 32 heures Durée de travail hebdomadaire réelle
Total d'heures de congés 133,33 heures (25 ÷ 6) × 32 heures
Taux horaire brut 5 € Salaire brut de l'heure
Montant brut de l'indemnité 666,67 € 133,33 heures × 5 €

Ces chiffres sont fictifs, destinés à illustrer la méthode. Cette méthode convient bien aux horaires réguliers. La convention collective permet d'ajuster le calcul sur la base des salaires bruts avant conversion en net et déclaration auprès de l'Urssaf et de Pajemploi.

Modes de versement selon le type de rémunération

  • Mensualisation sur 52 semaines : les congés sont rémunérés au fur et à mesure de leur prise.
  • Mensualisation sur 46 semaines ou moins (notamment pour les assistants maternels agréés) : l'indemnité peut être versée en une fois en juin, au moment des congés principaux, ou au prorata lors de la prise des congés.
  • Accueils occasionnels non mensualisés : le paiement intervient à la fin de chaque période d'accueil.
  • Rémunération calculée au réel, souvent pour les gardes d'enfants à domicile : paiement au moment du départ en congés.

Déclaration des congés payés : obligations de l'employeur

Dans la déclaration via Pajemploi, l'employeur indique le nombre de jours de congés payés rémunérés, sauf en cas de mensualisation intégrale sur 52 semaines, où ces jours sont déjà inclus dans les jours d'activité déclarés. Cette formalité garantit la prise en compte des droits du salarié. En cas de doute, rapprochez-vous de votre expert-comptable ou de l'Urssaf.

Erreurs fréquentes sur l'acquisition des congés payés

  • Confondre la période d'acquisition (1er juin au 31 mai) et la période de prise des congés.
  • Compter en jours ouvrés sans avoir vérifié que la convention ou l'accord le permet.
  • Appliquer 2,5 jours pendant un arrêt maladie non professionnelle, là où le taux est de 2 jours par mois.
  • Oublier qu'un salarié à temps partiel ou en CDD acquiert des congés lui aussi.
  • Ignorer la convention collective, qui peut prévoir plus que la loi.

Pour un cas particulier ou un litige, appuyez-vous sur l'inspection du travail, un avocat ou votre expert-comptable. Les règles et montants évoluent : confirmez-les sur service-public.fr ou Légifrance.

Questions fréquentes

Comment calculer le nombre de CP acquis en année incomplète ?

Multipliez le nombre de mois de travail effectif sur la période de référence par 2,5 jours ouvrables. Un salarié embauché en septembre, qui travaille de septembre à mai, cumule 9 mois, soit 22,5 jours ouvrables. En principe, le résultat est arrondi à l'entier supérieur. La convention collective peut prévoir plus favorable.

Est-il possible de modifier la période de référence des congés payés ?

Oui. La période légale court du 1er juin au 31 mai, mais un accord d'entreprise, d'établissement ou de branche peut en fixer une autre. À défaut d'accord, la période légale s'applique. Avant toute modification, vérifiez ce que prévoit votre convention collective ou votre accord, et consultez l'expert-comptable ou un avocat en cas de doute.

Est-il possible de cumuler des congés payés sur plusieurs années ?

En principe non : les congés doivent être pris avant la fin de la période prévue, sinon ils sont perdus. Des exceptions existent, par exemple un report négocié avec l'employeur ou une impossibilité de les prendre liée à l'état de santé. Votre accord collectif peut aussi prévoir un report. Vérifiez-le avant de poser vos dates.

Quand les CP sont-ils perdus ?

Les congés non pris à la fin de la période de prise sont en principe perdus. Mais l'employeur doit mettre le salarié en mesure de les prendre, en l'informant et en l'invitant à les poser. Si cette obligation n'est pas respectée, la perte peut être contestée. En cas de litige, rapprochez-vous de l'inspection du travail ou d'un avocat.

Quelle est la règle pour les congés payés ?

Chaque mois de travail effectif sur la période de référence ouvre droit à 2,5 jours ouvrables de congé, soit 30 jours pour une année complète. Le salarié doit en prendre au moins deux semaines continues entre le 1er mai et le 31 octobre, sauf dispositions plus favorables de la convention collective.

Quelle est l'acquisition en cas d'arrêt maladie non professionnelle ?

Dans le cas de l'arrêt maladie non professionnelle évoqué ici, le salarié acquiert 2 jours de congés par mois d'absence, dans la limite de 24 jours sur l'année, au lieu des 2,5 jours habituels. Les règles ont évolué ces dernières années : vérifiez la situation actuelle sur service-public.fr ou Légifrance.